Canne de marche : comment la choisir, la régler et l’utiliser sans risque
IstockVotre canne est-elle correctement réglée ?
Garder le plaisir d’une promenade, faire ses courses ou se déplacer dans son logement sans craindre le faux pas : la mobilité reste indispensable à l’autonomie. Loin de symboliser un renoncement, une aide à la marche adaptée peut permettre de continuer à vivre chez soi dans de bonnes conditions.
Quand faut-il envisager une canne ?
Plusieurs situations peuvent conduire à renforcer ses appuis :
Une douleur d’un genou, d’une hanche ou d’une cheville.
Une faiblesse d’un membre inférieur.
Une fatigue apparaissant rapidement pendant la marche.
Une sensation d’instabilité dans les virages.
Une convalescence après une opération ou une chute.
Une appréhension croissante sur les terrains irréguliers.
La peur de tomber conduit parfois à réduire progressivement les sorties. Or, l’inactivité diminue la force musculaire et peut aggraver l’instabilité. Comme l’explique Papyhappy, continuer à bouger après une chute contribue à préserver l’autonomie, à condition d’adapter les activités et de rechercher la cause de l’accident.
Une instabilité récente, des vertiges, des malaises ou des chutes répétées nécessitent un avis médical. La canne peut compenser une difficulté, mais elle ne doit pas masquer un problème de santé.
Canne simple, pliante ou quadripode : quel modèle choisir ?
Le choix dépend du niveau d’appui nécessaire, de la force des bras et des habitudes de déplacement.
La canne fixe
Fabriquée en bois ou en métal, elle offre une structure robuste. Un modèle en bois doit être coupé à la bonne hauteur, ce qui rend son réglage définitif.
La canne télescopique
Le tube en aluminium ou en carbone comporte plusieurs positions. Sa hauteur peut être adaptée aux chaussures portées et à l’évolution des besoins. Le bouton de réglage doit être complètement engagé dans son logement et la bague de serrage correctement bloquée.
La canne pliante
Composée de plusieurs segments reliés par un élastique intérieur, elle se range facilement dans un sac. Elle convient surtout à une utilisation ponctuelle. Avant chaque utilisation, il faut vérifier que tous les segments sont correctement emboîtés.
La canne tripode ou quadripode
Sa base comporte trois ou quatre pieds. Elle offre un appui plus large, mais elle est également plus encombrante et doit être correctement orientée pour ne pas gêner le passage du pied.
Ce modèle ne convient pas automatiquement à toutes les personnes ayant des troubles importants de l’équilibre. Lorsqu’un appui permanent des deux côtés devient nécessaire, un déambulateur ou un rollator peut être plus approprié. L’avis d’un kinésithérapeute ou d’un ergothérapeute permet de choisir le dispositif le plus sûr.
Quelle poignée choisir ?
La poignée doit permettre un appui confortable sans provoquer de douleur dans la main ou le poignet.
La crosse courbée peut facilement être suspendue au bras, mais concentre davantage la pression dans la paume.
La poignée Derby ou en T répartit mieux l’appui et convient à de nombreux utilisateurs.
La poignée anatomique épouse la forme de la main droite ou gauche. Elle peut améliorer le confort en présence d’arthrose ou de rhumatismes.
L’appui antébrachial, présent sur les cannes anglaises, répartit une partie de l’effort sur l’avant-bras.
Une personne souffrant d’une diminution de la force de préhension ne doit pas choisir son équipement uniquement sur catalogue. Un essai en situation réelle reste indispensable.
Comment régler la hauteur de la canne ?
Une canne trop haute ou trop basse peut provoquer des douleurs et déséquilibrer la marche.
Pour effectuer un premier réglage :
Placez-vous debout sur un sol plat.
Portez les chaussures utilisées habituellement pour marcher.
Gardez le dos droit, les épaules relâchées et les bras le long du corps.
Réglez la poignée approximativement au niveau du pli du poignet.
En tenant la canne, vérifiez que le coude reste légèrement fléchi.
Une canne trop haute oblige à relever l’épaule et peut créer des tensions dans la nuque. Une canne trop basse fait pencher le buste et augmente la charge sur le dos et le poignet.
Cette mesure constitue un repère général. Un professionnel peut l’ajuster en fonction de la posture, de la longueur des bras et de la difficulté à compenser.
De quel côté faut-il tenir sa canne ?
Lorsqu’une jambe est douloureuse, faible ou opérée, la canne se tient généralement dans la main opposée.
Ainsi, pour soulager un genou droit, la canne est placée dans la main gauche. Elle avance en même temps que la jambe fragilisée, puis la jambe la plus forte termine le pas. Cette coordination reproduit le balancement naturel des bras et réduit la charge supportée par le membre douloureux.
Lorsque la canne sert principalement à compenser un trouble général de l’équilibre, le côté d’utilisation doit être déterminé avec un kinésithérapeute. La main dominante n’est pas systématiquement le meilleur choix si une faiblesse ou une asymétrie particulière existe.
Comment utiliser une canne dans les escaliers ?
Dans un escalier, utilisez toujours la rampe lorsqu’elle est disponible. La séquence habituelle est simple à retenir :
Pour monter, commencez par la jambe la plus forte, puis faites suivre la jambe fragilisée et la canne.
Pour descendre, placez d’abord la canne sur la marche inférieure, puis la jambe fragilisée et enfin la jambe la plus forte.
Les premières utilisations doivent idéalement être travaillées avec un professionnel. Si l’escalier est étroit, dépourvu de rampe ou si la personne se sent instable, il ne faut pas improviser seule.
Vérifier régulièrement l’embout
L’embout en caoutchouc placé sous la canne garantit son adhérence. Il doit être contrôlé régulièrement et remplacé lorsqu’il devient :
Lisse ou usé de manière irrégulière.
Fissuré ou durci.
Déformé.
Instable autour du tube.
Percé au point de laisser apparaître la rondelle métallique.
Cette vérification est particulièrement importante en automne et en hiver. Une semelle de chaussure usée ou un embout lisse réduit fortement l’adhérence sur un trottoir humide. Découvrez également les conseils de Papyhappy pour choisir des chaussures adaptées et éviter les sols glissants.
Une dragonne ou un accroche-canne peut compléter l’équipement, à condition de ne pas gêner la libération de la main en cas de chute.
Peut-on obtenir un remboursement ?
Une canne inscrite sur la Liste des produits et prestations remboursables peut être partiellement prise en charge lorsqu’elle est prescrite avant son achat.
La prescription peut notamment être réalisée par :
Un médecin.
Un masseur-kinésithérapeute, dans le cadre de ses compétences et sauf indication contraire du médecin.
Un ergothérapeute, sous les conditions prévues pour l’exercice de sa profession.
À titre indicatif, les bases de remboursement figurant actuellement dans la LPP sont notamment de :
6,10 euros pour une canne en bois verni.
12,20 euros pour une canne métallique réglable avec poignée en T ou appui antébrachial.
12,65 euros pour une canne tripode ou quadripode réglable.
L’Assurance Maladie rembourse généralement 60 % de cette base, et non 60 % du prix réellement payé. Une prise en charge à 100 % peut s’appliquer lorsque le matériel est directement lié à une affection de longue durée exonérante. La complémentaire santé peut couvrir une partie du reste selon le contrat.
Avant l’achat, vérifiez avec la pharmacie ou le fournisseur de matériel médical que le modèle possède bien un code LPP et demandez le montant exact qui restera à payer.
Faire vérifier son équipement
Une canne doit sécuriser la marche sans créer de douleur ni modifier excessivement la posture. Une évaluation par un kinésithérapeute ou un ergothérapeute est recommandée lorsque :
La personne continue de tomber malgré son équipement.
Elle s’appuie très fortement sur la poignée.
Elle marche penchée sur le côté.
Ses douleurs augmentent.
Elle ne parvient pas à coordonner la canne et ses pas.
Elle ressent désormais le besoin de s’appuyer des deux côtés.
L’objectif n’est pas simplement de posséder une canne, mais de disposer de l’aide réellement adaptée à ses capacités et à son environnement.
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