Smartphone : quand les seniors passent trop de temps à l’écran

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Seniors et smartphone : les signes d’un usage envahissant

Un outil précieux pour l’autonomie et les échanges

Le téléphone connecté n’est plus réservé aux jeunes générations. Selon le Baromètre du numérique publié en 2026, 73 % des personnes de 70 ans et plus possédaient un smartphone en 2025. Consulter ses remboursements, organiser une sortie ou échanger des photos fait désormais partie des usages ordinaires.

Ces possibilités sont précieuses lorsque les proches vivent loin ou que les déplacements deviennent difficiles. Un appel vidéo peut entretenir une relation, une messagerie faciliter les nouvelles quotidiennes. Il serait donc réducteur de considérer chaque minute passée devant l’écran comme du temps perdu.

La question est plutôt celle de la place prise par le téléphone : enrichit-il les journées ou finit-il par les organiser à notre place ?

Usage fréquent ou dépendance : comment faire la différence ?

Dans une enquête Ifop réalisée en janvier 2024 pour Agir pour l’Environnement, 40 % des personnes de 65 ans et plus équipées d’un smartphone se déclaraient assez ou très dépendantes de leur appareil. Ce résultat traduit un ressenti, pas une évaluation médicale.

Le nombre d’heures ne suffit pas, à lui seul, à caractériser un problème. Une longue conversation familiale n’a pas le même sens qu’un défilement de vidéos poursuivi malgré l’envie d’arrêter.

Plusieurs changements méritent toutefois attention : repousser régulièrement le coucher, délaisser des activités appréciées, interrompre systématiquement les conversations ou ne plus parvenir à réduire son usage malgré ses conséquences. La perte de contrôle et le retentissement sur la vie quotidienne comptent davantage qu’un seuil horaire arbitraire.

Sommeil et sédentarité : deux points de vigilance

Le soir, la lumière des écrans peut perturber les signaux favorisant l’endormissement. Les notifications et les contenus stimulants peuvent également prolonger la consultation. Pour préserver le sommeil des seniors, mieux vaut prévoir un moment calme sans écran avant le coucher.

Le mode nocturne peut rendre l’affichage plus confortable, mais un filtre anti-lumière bleue ne garantit pas la protection du sommeil.

Autre risque : rester longtemps immobile. Le problème tient alors au temps passé assis, et non au téléphone en lui-même. Se lever et marcher quelques minutes régulièrement, si ses capacités le permettent, aide à interrompre ces périodes prolongées. Une promenade quotidienne ne dispense pas de ces petites pauses.

Cinq habitudes pour retrouver un meilleur équilibre

  1. Observer son usage pendant une semaine. Consultez le bilan de temps d’écran et repérez les applications les plus utilisées. Demandez-vous lesquelles vous apportent réellement quelque chose et lesquelles vous retiennent plus longtemps que prévu.

  2. Choisir ses notifications. Désactivez les alertes commerciales et celles des applications non essentielles. Conservez les communications utiles, notamment les appels des proches.

  3. Préserver des moments sans téléphone. Commencez par une habitude réaliste : le repas, une lecture ou une promenade. La nuit, évitez de garder l’écran sous les yeux, tout en maintenant un moyen d’appel accessible si votre sécurité l’exige.

  4. Faire des pauses visuelles et physiques. Le repère « 20-20-20 » consiste à regarder à environ six mètres pendant vingt secondes, toutes les vingt minutes. Agrandir les caractères évite aussi de rapprocher excessivement l’appareil. Profitez des pauses pour changer de position ou marcher un peu.

  5. Donner rendez-vous aux activités hors écran. Une sortie, un atelier ou un engagement bénévole adapté à la retraite trouve plus facilement sa place lorsqu’il est prévu dans la semaine.

Accompagner un proche sans le culpabiliser

Pour l’entourage et les proches aidants, mieux vaut partir d’une observation concrète que d’une étiquette : « Tu sembles dormir moins depuis quelque temps » ouvre davantage la discussion que « Tu es accro ».

Proposer une activité partagée ou aider à régler les notifications, avec l’accord de la personne, peut être un premier pas. Si l’usage entraîne une souffrance, des conflits répétés ou un abandon des activités habituelles, le médecin traitant peut aider à évaluer la situation.

Enfin, conserver les bénéfices du numérique suppose de rester vigilant face aux arnaques par téléphone et SMS. Devant une demande urgente de paiement ou de code confidentiel, interrompez l’échange et contactez l’organisme par ses coordonnées habituelles. Ces précautions concernent toutes les générations.

Sources

Publié le par Charles Martel

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