Verticalisateur ou lève-personne : comment choisir pour un proche ?
IstockPasser du lit au fauteuil ou se rendre aux toilettes peut devenir difficile lorsque la mobilité diminue. Le verticalisateur et le lève-personne permettent de faciliter ces gestes tout en ménageant les aidants. Mais ils ne répondent pas aux mêmes besoins.
Se lever le matin, rejoindre son fauteuil, aller aux toilettes… Lorsque ces mouvements deviennent difficiles, la crainte de tomber peut s’installer. Pour le conjoint ou le proche qui accompagne, les transferts répétés représentent aussi un effort physique important.
Une aide technique peut alors contribuer à sécuriser le maintien à domicile. Encore faut-il choisir un équipement adapté à la personne, aux gestes à réaliser et à l’espace disponible.
Le verticalisateur accompagne une participation encore possible
Le verticalisateur de transfert motorisé aide une personne à passer de la position assise à une position redressée. Il comporte généralement une plateforme pour les pieds, un appui pour les jambes, des poignées et une sangle de soutien.
Contrairement au lève-personne passif, il nécessite que la personne puisse participer au mouvement et prendre suffisamment appui sur ses jambes. Les pieds reposent habituellement sur la plateforme de l’appareil, et non directement sur le sol.
Avant de le proposer, un professionnel évalue notamment la capacité d’appui, le contrôle du tronc et de la tête, les douleurs éventuelles ainsi que la possibilité de coopérer pendant le transfert. Les exigences précises varient selon le modèle et la sangle utilisés.
L’intérêt est de mobiliser les capacités préservées, sans demander un effort devenu impossible. L’INRS recommande justement de choisir les aides au transfert selon les possibilités de la personne au moment du déplacement, plutôt que d’utiliser systématiquement le même matériel.
Le lève-personne soutient le corps lorsque l’appui ne suffit plus
Le lève-personne passif permet de soulever une personne dans une sangle enveloppante, reliée à un bras de levage. Il ne nécessite pas qu’elle porte son poids sur ses jambes.
Il peut être indiqué lorsque la faiblesse musculaire, les douleurs ou certaines restrictions médicales rendent le transfert debout inadapté. Il existe des modèles mobiles sur roulettes, mais aussi des systèmes sur rail, à envisager selon le logement.
Le choix ne dépend toutefois pas uniquement du diagnostic. Des troubles cognitifs ne conduisent pas automatiquement à utiliser un lève-personne passif. La compréhension, les réactions à l’appareil, l’anxiété et les capacités physiques doivent être appréciées ensemble. Cette évaluation s’inscrit dans un accompagnement personnalisé des personnes présentant un déclin cognitif.
Après une sortie d’hospitalisation, les consignes concernant les appuis autorisés et les mouvements à éviter doivent également être connues avant tout essai.
Vérifier que l’appareil convient réellement au logement
Un équipement adapté à la personne peut se révéler difficile à utiliser dans une chambre encombrée ou une salle de bains étroite. Un essai à domicile est donc particulièrement utile avant de confirmer le choix.
Il permet de vérifier :
Le passage du piètement sous le lit et son approche du fauteuil.
La largeur des portes et les possibilités de manœuvre.
L’espace nécessaire autour du lit et des toilettes.
La présence de seuils, de tapis ou de sols gênant le roulement.
L’emplacement de rangement et de recharge.
Il n’existe pas de hauteur libre sous le lit ou de largeur de passage convenant à tous les appareils : les dimensions doivent être comparées à celles du modèle envisagé.
Ces équipements ne remplacent pas un fauteuil roulant pour circuler dans le logement. Leur utilisation pour déplacer une personne doit rester conforme aux distances et aux conditions prévues par le fabricant.
La sangle compte autant que l’appareil
Une sangle trop grande, trop petite ou incompatible avec le système d’accrochage peut compromettre le transfert. Son choix tient compte de la morphologie, du poids, du maintien de la tête et du tronc, mais aussi de l’usage prévu.
Une sangle destinée à faciliter l’accès aux toilettes n’offre pas nécessairement le même soutien qu’un modèle enveloppant. De même, une sangle dite « universelle » n’est pas compatible avec tous les lève-personnes.
Avant chaque utilisation, vérifiez l’état du tissu, des coutures et des attaches, ainsi que le bon positionnement des éléments de soutien. Une sangle abîmée doit être retirée du service. Son nettoyage et son remplacement suivent les instructions du fabricant.
L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé insiste sur l’adaptation du harnais à la personne, la vérification des fixations et l’entretien régulier du matériel pour prévenir les accidents.
Freins et manipulation : apprendre les consignes du modèle utilisé
Il serait dangereux de retenir une règle générale comme « toujours bloquer les roues » ou « ne jamais mettre les freins ».
Sur certains lève-personnes mobiles, les roues doivent rester libres pendant certaines phases pour permettre à l’appareil de se repositionner. À l’inverse, des verticalisateurs prévoient un freinage pendant le relevage. La notice du modèle et la formation dispensée lors de la livraison font référence.
Demandez une démonstration complète, puis réalisez les gestes sous supervision. Celle-ci doit comprendre les commandes, les accrochages, les freins, l’arrêt d’urgence et la procédure de descente de secours.
Le nombre d’aidants nécessaires doit également être défini : la présence d’un moteur ne signifie pas qu’une seule personne peut toujours effectuer le transfert en sécurité. Ne laissez jamais votre proche seul lorsqu’il est suspendu.
Préserver aussi le dos et la confiance de l’aidant
La motorisation réduit l’effort de soulèvement, mais elle ne supprime pas toutes les contraintes. Installer la sangle, déplacer un appareil lourd ou travailler dans un espace étroit peut encore solliciter le dos et les épaules.
Un ergothérapeute peut observer les gestes au domicile, proposer des ajustements et former les intervenants. Cet accompagnement contribue à préserver la santé du proche aidant, tout en améliorant le confort de la personne accompagnée.
Expliquez chaque étape, recherchez son accord et prenez en compte ses craintes. Une démonstration progressive permet de découvrir l’équipement sans précipitation.
Les centres d’information et de conseil sur les aides techniques, ou CICAT, proposent également des conseils neutres et, selon leurs possibilités, des essais de matériel.
Prescription et financement : demander un devis détaillé
Une prise en charge par l’Assurance Maladie peut être possible sur prescription, selon l’inscription du matériel à la Liste des produits et prestations remboursables (LPP). Pour les soulève-malades concernés, elle repose notamment sur la location de l’appareil et une prise en charge distincte de la sangle.
Ne déduisez pas du seul nom « verticalisateur » que tout modèle sera remboursé. Demandez au prestataire de préciser le code LPP applicable, les tarifs, les prestations incluses et l’éventuel reste à charge. Faites ensuite confirmer votre couverture par l’Assurance Maladie et votre complémentaire.
Selon votre situation, d’autres financements peuvent être étudiés :
L’APA à domicile, pour les personnes de 60 ans et plus relevant des GIR 1 à 4, lorsque l’équipement figure dans le plan d’aide.
La PCH, sous ses conditions d’accès, auprès de la Maison départementale des personnes handicapées.
D’éventuelles aides complémentaires des caisses de retraite ou de dispositifs locaux.
L’APA et la PCH ne sont pas cumulables : l’organisme qui vous accompagne doit vous aider à identifier le dispositif adapté.
Le bon équipement est celui qui convient à votre proche aujourd’hui, dans son logement, avec des aidants formés. Si ses capacités évoluent, le choix du matériel et les modalités de transfert doivent être réévalués.
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