Mon bilan prévention entre 60 et 75 ans : les questions indispensables à poser à son soignant
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« Je demanderai la prochaine fois. » Au moment de quitter le cabinet médical, on se rappelle parfois cette question que l’on n’a pas osé poser. Le renouvellement des médicaments, une douleur récente ou les résultats d’une prise de sang ont occupé toute la consultation.
Mon bilan prévention propose un autre cadre : 30 à 45 minutes pour échanger sur votre quotidien, vos habitudes et ce qui vous préoccupe. L’objectif n’est pas de chercher à tout prix une maladie, mais de repérer les difficultés et de choisir des actions utiles pour préserver votre santé.
Un rendez-vous sans avance de frais, à certains âges
Le dispositif concerne quatre tranches d’âge : 18–25 ans, 45–50 ans, 60–65 ans et 70–75 ans, bornes incluses. Un seul bilan est pris en charge par tranche d’âge, sans avance de frais.
Vous pouvez prendre rendez-vous auprès d’un professionnel qui le propose : médecin, infirmier, pharmacien ou sage-femme. Depuis le 1er octobre 2026, les masseurs-kinésithérapeutes peuvent également le réaliser. Demandez à vos soignants habituels ou consultez l’annuaire dédié sur Santé.fr.
Précisez bien qu’il s’agit de Mon bilan prévention afin qu’un créneau suffisamment long soit réservé. Et si vous n’appartenez pas à l’une des tranches d’âge concernées, rien ne vous empêche de parler de prévention à votre médecin lors d’une consultation habituelle.
Avant de venir, notez ce qui a changé
Un questionnaire facultatif est disponible sur Mon espace santé et sur le site de l’Assurance maladie. Il aide à préparer la discussion, mais vous pouvez bénéficier du rendez-vous même sans l’avoir rempli.
Apportez votre carte Vitale, vos ordonnances, vos informations de vaccination et vos résultats récents d’examens. Pensez également aux médicaments pris sans ordonnance et aux compléments alimentaires.
Enfin, notez deux ou trois situations précises : « Je renonce aux promenades », « Je fais répéter mes proches », « Je mange moins depuis que je vis seul ». Ces exemples permettent souvent de mieux expliquer une gêne qu’une formule générale comme « Je me sens moins en forme ».
1. « J’entends ou je vois moins bien : faut-il faire un bilan ? »
Augmenter le volume de la télévision, perdre le fil d’une conversation à plusieurs ou éviter les repas bruyants peuvent signaler une baisse de l’audition liée à l’âge. Ce n’est pas seulement une question de confort : les échanges deviennent plus fatigants et l’on peut finir par se retirer des activités que l’on appréciait.
Côté vision, évoquez les difficultés à lire, à reconnaître un visage ou à distinguer les marches. Précisez depuis quand elles existent et si elles concernent un œil ou les deux.
La question à poser est simple : « Ces changements nécessitent-ils un contrôle, et auprès de quel professionnel ? »
Selon la situation, vous pourrez être orienté vers un médecin, un ORL ou un ophtalmologiste. Un repérage pendant le bilan ne remplace pas un examen spécialisé. Une baisse brutale de la vision ou de l’audition, notamment, nécessite un avis médical rapide sans attendre ce rendez-vous.
2. « Je me sens moins stable : comment éviter de tomber ? »
Vous vous appuyez davantage sur les meubles ? Vous hésitez à prendre les escaliers ou vous avez déjà trébuché sans en parler ? Signalez-le, même en l’absence de blessure.
Décrivez les circonstances : au lever, après un repas, dans l’obscurité ou depuis un changement de traitement. Une tête qui tourne en sortant du lit n’a pas nécessairement la même origine qu’une difficulté à relever les pieds en marchant.
Vous pouvez demander : « Faut-il évaluer mon équilibre, ma force musculaire ou mes médicaments ? » Certains traitements peuvent favoriser la somnolence ou une baisse de tension. Ne les interrompez pas de vous-même : une réévaluation doit être organisée avec le professionnel compétent.
L’échange peut déboucher sur une activité physique adaptée, un bilan complémentaire ou quelques modifications du logement. L’objectif est de retrouver de l’assurance, pas de vous pousser à réaliser seul un exercice qui vous mettrait en difficulté.
3. « Je mange moins : mes repas couvrent-ils encore mes besoins ? »
Une ceinture devenue trop large, des portions qui diminuent, une viande laissée dans l’assiette… Ces changements sont parfois accueillis comme une bonne nouvelle lorsque l’on pense avoir quelques kilos à perdre. Pourtant, une perte de poids involontaire mérite d’être signalée, même en cas de surpoids.
Parlez aussi des difficultés à mâcher, d’un appareil dentaire inconfortable, d’un budget serré ou du manque d’envie de cuisiner seul. Les solutions ne seront pas les mêmes selon la cause.
Une question utile : « Comment adapter mes repas sans augmenter excessivement les quantités ni les dépenses ? » L’hydratation peut également être abordée, avec des conseils personnalisés si une maladie cardiaque ou rénale impose des précautions.
4. « Mon sommeil et mon moral ont changé : peut-on en parler aussi ? »
Oui. Le bilan ne se limite ni au poids ni à la tension. Le sommeil, la solitude, la vie affective et la fatigue liée au rôle d’aidant ont toute leur place dans la discussion.
Depuis votre retraite, vos journées manquent peut-être de rythme. Après un deuil, préparer un repas ou retrouver des amis peut demander un effort considérable. Vous pouvez aussi vous sentir épuisé par l’accompagnement quotidien d’un conjoint.
Il n’est pas nécessaire d’attendre que la situation devienne insupportable pour demander de l’aide. Dites simplement ce qui vous pèse : « Je ne prends plus plaisir à mes activités », « Je dors mal », « Je n’arrive plus à souffler ».
Le professionnel pourra vous orienter vers un accompagnement adapté. Des troubles persistants ou qui s’aggravent justifient une consultation dédiée : le bilan prévention est une porte d’entrée, pas un remplacement des soins.
5. « Suis-je à jour de mes vaccins et de mes dépistages ? »
Apportez votre carnet de vaccination ou les informations disponibles dans Mon espace santé. Cela évite de vous fier uniquement à vos souvenirs.
À partir de 65 ans, plusieurs vaccinations sont recommandées, notamment contre la grippe, la Covid-19, le pneumocoque et le zona. Les rappels contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite sont prévus à 65 ans, puis tous les dix ans. D’autres recommandations dépendent de l’âge et des antécédents.
Demandez aussi quels dépistages vous concernent selon votre âge et votre histoire médicale. Tous les examens ne sont pas utiles à tout le monde. Les éventuels actes ou consultations réalisés en complément suivent leurs propres règles de prise en charge.
Repartir avec une ou deux priorités, pas une liste impossible
À l’issue de l’entretien, vous construisez avec le professionnel un plan personnalisé de prévention. Il retient généralement un ou deux sujets prioritaires et des actions adaptées à votre situation.
Cela peut être faire contrôler son audition, reprendre progressivement une activité ou organiser un rendez-vous pour une perte d’appétit. Inutile de vouloir tout changer en une semaine.
Le plan vous est remis et, sauf opposition de votre part, les informations utiles sont transmises à votre médecin traitant pour assurer le suivi. Convenez de la prochaine étape : qui contacter, dans quel délai et quand refaire le point.
Le plus important n’est pas de repartir avec des objectifs ambitieux. C’est de savoir par quoi commencer, avec un accompagnement qui tient compte de votre vie.
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