Déambulateur : comment choisir le bon modèle et bien le régler ?
IstockAvec ou sans roues : quel déambulateur choisir pour rester autonome ?
Adopter une aide à la marche ne signifie pas renoncer à son autonomie. C’est parfois ce qui permet de continuer à faire ses courses, de rendre visite à ses voisins ou de garder le plaisir de bouger. Le bon déambulateur n’est donc pas nécessairement le plus léger ou le plus sophistiqué : c’est celui que l’on utilise facilement, dans les situations du quotidien.
Avant l’achat, un essai accompagné par un kinésithérapeute ou un ergothérapeute permet d’évaluer les besoins et d’éviter un équipement inadapté.
Avec ou sans roues : comprendre les différences
On distingue plusieurs grandes familles d’aides à la marche.
Le cadre de marche sans roues offre un appui stable lorsqu’il repose correctement sur le sol. Il faut toutefois le soulever pour avancer, ce qui nécessite suffisamment de force dans les bras et une coordination adaptée. Il convient surtout aux déplacements sur des surfaces planes, notamment à l’intérieur.
Le déambulateur à deux roues, généralement placées à l’avant, avance sans devoir être entièrement soulevé. Les embouts arrière limitent le glissement, mais ne constituent pas un frein automatique garantissant l’immobilisation sur tous les sols.
Le rollator à trois ou quatre roues accompagne une marche plus continue. Il demande de pouvoir maîtriser sa vitesse, tourner et utiliser les freins. Certains modèles à quatre roues comportent un siège pour faire une pause.
Le choix dépend notamment de l’équilibre, de la force des mains et de la capacité à comprendre les commandes. Après une opération, il faut également respecter les consignes d’appui données par l’équipe soignante : tous les appareils ne conviennent pas à une jambe qui ne doit pas supporter le poids du corps.
Choisir un appareil adapté à son logement et à ses sorties
Un déambulateur agréable à essayer dans un magasin peut devenir encombrant dans une salle de bains ou un couloir étroit. Avant de commander, mesurez la largeur réellement disponible dans les passages, portes ouvertes, et comparez-la à la largeur totale de l’appareil.
Pensez aussi aux manœuvres : pourrez-vous contourner le lit, approcher les toilettes ou faire demi-tour dans la cuisine ? Un essai à domicile, lorsqu’il est proposé, apporte des réponses concrètes.
Pour l’extérieur, recherchez un modèle prévu pour cet usage. Des roues de plus grand diamètre peuvent faciliter les déplacements sur des revêtements irréguliers, mais elles ne rendent pas les bordures de trottoir ou les pentes sans danger. Privilégiez les itinéraires accessibles et demandez à apprendre les manœuvres nécessaires.
Enfin, vérifiez le poids et le pliage. L’appareil doit pouvoir être rangé ou transporté par la personne qui s’en chargera réellement, sans effort excessif.
Tester les freins avant de se décider
Les freins doivent être faciles à atteindre et à actionner. Lors de l’essai, vérifiez que vous pouvez ralentir, vous arrêter et enclencher le stationnement sans douleur ni difficulté.
En présence d’arthrose des mains, de faiblesse musculaire ou de tremblements, une autre forme de poignée ou un dispositif particulier peut être nécessaire. Aucun système de freinage n’est automatiquement adapté à toutes les personnes ayant des difficultés de préhension.
Pour utiliser le siège d’un rollator, choisissez un emplacement stable et horizontal, puis verrouillez les deux freins de stationnement avant de vous asseoir. Ces précautions figurent notamment dans les consignes de sécurité d’Oxford Health.
Un rollator classique n’est pas un fauteuil roulant : un proche ne doit pas vous pousser pendant que vous êtes assis dessus.
Régler les poignées à la bonne hauteur
Le réglage s’effectue debout, avec les chaussures habituellement portées pour marcher. Relâchez les épaules et laissez les bras le long du corps : les poignées doivent se situer approximativement au niveau du pli du poignet. Lorsque vous les saisissez, les coudes restent légèrement fléchis.
Ce repère doit ensuite être vérifié en marchant. Des épaules constamment relevées, un dos très courbé ou un appareil poussé loin devant soi doivent conduire à revoir le réglage ou la technique d’utilisation.
Contrôlez également que les deux poignées sont à la même hauteur et que les mécanismes de réglage sont bien verrouillés. Sur un modèle avec siège, essayez aussi l’assise et le relevé avec un professionnel.
Les accessoires utiles, sans surcharger l’appareil
Un panier ou une sacoche permet de transporter quelques affaires en gardant les mains disponibles. Respectez toutefois la charge maximale prévue et évitez les sacs lourds suspendus aux poignées, qui peuvent déséquilibrer l’ensemble.
Selon vos habitudes, d’autres équipements peuvent être intéressants :
Un siège et un dossier pour les pauses, lorsque le modèle le permet.
Un plateau adapté pour déplacer de petits objets à l’intérieur.
Des éléments réfléchissants pour être mieux visible dehors.
La sécurité repose aussi sur l’entretien : embouts usés, poignées desserrées, roues abîmées ou freins moins efficaces nécessitent une vérification. Pour vous relever d’un fauteuil, prenez appui sur ses accoudoirs plutôt que de tirer sur le déambulateur, qui pourrait basculer.
Quel remboursement pour un déambulateur ?
Pour les déambulateurs éligibles à l’achat, la base de remboursement est de 53,81 €. Au taux habituel de 60 %, la participation de l’Assurance Maladie représente donc environ 32,29 €, et non 53,81 € automatiquement versés. Ces montants reposent sur la nomenclature des déambulateurs et les taux officiels de remboursement.
Une prescription préalable est nécessaire. Elle peut notamment être établie par un médecin ou par un masseur-kinésithérapeute dans le cadre de ses compétences. Le vendeur doit confirmer l’éligibilité du modèle choisi et les démarches à effectuer.
Certaines situations ouvrent droit à une prise en charge à 100 % de la base, notamment lorsque le matériel est prescrit en lien avec une ALD exonérante. Cela ne signifie pas nécessairement que le prix d’achat sera entièrement remboursé. La complémentaire santé peut intervenir selon le contrat : demandez une estimation à partir du devis.
Selon votre situation, une aide technique peut aussi être intégrée au plan d’aide de l’APA à domicile. Pour les personnes non éligibles à l’APA, la caisse de retraite ou la mairie peut renseigner sur d’autres possibilités.
Avant de vous engager, retenez trois réflexes : essayer l’appareil, faire vérifier ses réglages et connaître le reste à charge. Un équipement bien choisi doit faciliter vos déplacements, sans vous imposer de nouvelles difficultés.
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