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Rompre l’isolement, alléger les dépenses de logement et retrouver une vie sociale : l’habitat partagé attire des seniors aux profils très différents. Certains accueillent un étudiant dans une chambre devenue libre. D’autres choisissent un logement conçu autour d’espaces communs et d’un projet collectif.
Cette formule ne doit toutefois pas être confondue avec une simple colocation de vacances. Avant de signer, la personne âgée et ses proches doivent vérifier le contrat, l’accessibilité du logement et la nature exacte de l’accompagnement proposé.
Plusieurs formules juridiques peuvent encadrer un logement partagé. Elles n’offrent pas les mêmes droits ni les mêmes garanties.
Dans une colocation classique, le propriétaire peut proposer un bail unique signé par tous les occupants ou des contrats individuels. Avec un bail individuel, chaque locataire dispose de sa chambre et ne répond que de ses propres obligations.
Un bail unique peut en revanche comporter une clause de solidarité. Dans ce cas, le propriétaire peut réclamer à un colocataire la part de loyer laissée impayée par un autre occupant. Cette clause mérite donc d’être examinée attentivement.
La chambre attribuée dans le cadre d’un bail individuel doit présenter une surface minimale de 9 m² et un volume habitable d’au moins 20 m³. Le contrat doit également décrire les pièces communes accessibles.
La cohabitation intergénérationnelle solidaire possède son propre cadre. Créée par la loi ELAN de 2018, elle permet à une personne âgée de 60 ans ou plus de louer ou sous-louer une partie de son logement à un jeune de moins de 30 ans.
Le jeune verse une contribution financière modeste. Il peut également assurer une présence bienveillante et rendre de petits services définis dans le contrat : porter un colis, fermer les volets, partager un repas ou aider ponctuellement à utiliser un outil numérique.
La durée de l’engagement est librement déterminée par les deux parties. En cas de résiliation, un préavis d’un mois s’applique. Une association spécialisée dans la cohabitation intergénérationnelle peut organiser la rencontre, rédiger le contrat et intervenir en cas de difficulté.
Si le senior est lui-même locataire, il doit informer son bailleur ou obtenir son autorisation selon la nature de son logement. L’Agence départementale pour l’information sur le logement peut vérifier gratuitement la conformité du contrat.
L’habitat inclusif répond à une logique différente. Il s’adresse aux personnes âgées ou handicapées qui souhaitent habiter dans un logement autonome tout en partageant des espaces et des activités avec un petit groupe.
Chaque habitant conserve un espace privatif et participe à l’élaboration d’un projet de vie sociale et partagée. Ce projet peut prévoir des repas, des ateliers, des sorties ou des temps de convivialité. Il ne supprime jamais la liberté de chacun de rester dans son logement ou de conserver ses habitudes.
Avant de choisir entre EHPAD, résidence autonomie, résidence services et habitat inclusif, il faut vérifier le niveau d’accompagnement réellement proposé. L’habitat inclusif n’est pas un établissement médicalisé et ne garantit pas une présence soignante permanente.
Un logement adapté aujourd’hui peut devenir difficile à utiliser si la mobilité diminue. La visite doit donc être réalisée en imaginant l’usage éventuel d’une canne, d’un déambulateur ou d’un fauteuil roulant.
Plusieurs points nécessitent une attention particulière :
Pour une location dans le parc privé, MaPrimeAdapt’ peut financer une partie des travaux sous conditions d’âge, de perte d’autonomie et de ressources. Le locataire doit avertir son propriétaire et obtenir son accord avant l’intervention.
Le succès d’un habitat partagé dépend autant du logement que de la compatibilité des rythmes de vie. La chambre privative doit rester un espace personnel dans lequel personne n’entre sans autorisation.
Vérifiez qu’elle peut fermer à clé, qu’elle offre suffisamment de place pour quelques meubles personnels et que l’isolation phonique est acceptable. La proximité de la salle de bain et des toilettes doit aussi être prise en compte.
Une charte de vie commune peut préciser :
Ces règles ne doivent pas rigidifier la vie quotidienne. Elles servent à éviter les non-dits et à protéger le sommeil des personnes âgées.
Le loyer ou la contribution versée ne représente qu’une partie du budget. Il faut ajouter les charges d’eau et d’énergie, l’assurance, l’accès à Internet, les déplacements et les éventuelles dépenses collectives.
Lorsque des charges forfaitaires sont proposées, vérifiez précisément ce qu’elles couvrent. Lorsqu’elles donnent lieu à une régularisation, demandez à consulter les montants facturés l’année précédente.
Selon la formule choisie, le résident peut demander une aide au logement. Un crédit d’impôt de 50 % peut également s’appliquer à certaines dépenses de services à la personne, après déduction des aides reçues et dans les limites prévues par la réglementation.
Dans un habitat inclusif conventionné, l’Aide à la vie partagée ne sert pas à payer le loyer individuel. Elle est versée au porteur du projet pour financer l’animation et la coordination de la vie collective.
La solidarité intergénérationnelle possède des limites très claires. Le jeune occupant n’est ni auxiliaire de vie ni aide-soignant. Les menus services ne peuvent pas comprendre la toilette, les transferts physiques, les soins infirmiers ou la surveillance de la prise des médicaments.
Confier régulièrement de tels actes au jeune risquerait de mettre les deux occupants en difficulté. Une accumulation de services obligatoires pourrait également conduire à une requalification de la relation en contrat de travail.
La sécurisation des traitements médicaux doit rester organisée avec les professionnels de santé, l’infirmier, le pharmacien et le médecin traitant.
Habiter avec d’autres personnes ne fait pas perdre automatiquement le bénéfice de l’APA. Le senior peut conserver son plan d’aide et faire intervenir un service autonomie à domicile ou un infirmier libéral.
Dans certains habitats inclusifs, les bénéficiaires peuvent décider de mutualiser une partie de leur APA ou de leur prestation de compensation du handicap pour financer une présence commune. Cette mise en commun doit demeurer volontaire.
L’emménagement ne remet donc pas en cause les principaux dispositifs de maintien à domicile. Il faut simplement organiser l’accès des intervenants et préserver l’intimité des autres habitants.
Avant de s’engager, posez ces six questions :
Lorsque le projet est accompagné par une association ou un gestionnaire, interrogez-le également sur la procédure prévue en cas de conflit ou de départ soudain d’un habitant.
Le partage du logement peut devenir une expérience humaine très positive. Sa réussite repose cependant moins sur la seule bonne volonté que sur un cadre clair, un logement adapté et une définition honnête de ce que chacun est prêt à partager.
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