Carte Mobilité Inclusion mention stationnement pour senior : les erreurs à éviter lors du dossier auprès de la MDPH
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Pouvoir stationner près de son médecin ou des commerces facilite les sorties lorsque les déplacements à pied deviennent éprouvants. La carte mobilité inclusion avec la mention stationnement peut alors contribuer au maintien de l’autonomie. Son attribution dépend toutefois de critères précis : l’âge ou le nom d’une maladie ne suffisent pas, à eux seuls, à établir le droit à cette carte.
Quels critères permettent d’obtenir la CMI stationnement ?
La CMI stationnement concerne les personnes dont le handicap limite fortement et durablement la marche, ainsi que celles qui ne peuvent pas se déplacer seules en raison de certaines déficiences. Il n’est pas nécessaire de présenter un taux d’incapacité de 80 % pour en bénéficier.
L’arrêté du 3 janvier 2017 prévoit notamment les situations suivantes :
Une distance de marche limitée à moins de 200 mètres.
Le besoin systématique, pour les déplacements extérieurs, d’une assistance humaine, d’une prothèse de jambe, d’une canne de marche, d’un déambulateur ou d’un fauteuil roulant.
Le recours à l’oxygène lors de chaque déplacement extérieur.
L’impossibilité de se déplacer seul, même après apprentissage, en raison de troubles mentaux, cognitifs, psychiques ou sensoriels nécessitant un accompagnement pour la sécurité.
Ces difficultés doivent être définitives ou durer, de manière prévisible, au moins un an. Le critère des 200 mètres n’est donc pas une condition à cumuler avec toutes les autres : plusieurs situations peuvent ouvrir droit à la carte.
APA ou MDPH : à qui adresser sa demande ?
Le bon interlocuteur dépend de votre situation vis-à-vis de l’allocation personnalisée d’autonomie, l’APA.
Si vous demandez l’APA, vous pouvez solliciter la CMI dans le cadre de cette démarche, auprès des services du département. Si vous percevez déjà cette allocation, demandez au département le formulaire adapté.
Les bénéficiaires de l’APA classés en GIR 1 ou 2 obtiennent, à leur demande, la CMI stationnement de plein droit et sans limitation de durée. Pour les bénéficiaires en GIR 3 ou 4, la demande reste examinée par les professionnels du département, mais l’attribution n’est pas automatique.
Si vous n’êtes pas concerné par l’APA, adressez votre demande à la MDPH de votre département. Elle peut être déposée avec le formulaire Cerfa n° 15692*01 ou par le téléservice proposé localement.
En cas d’hésitation, le centre communal d’action sociale, une France Services ou un travailleur social peut vous aider à identifier le circuit approprié.
Un certificat médical qui décrit les difficultés concrètes
Pour une demande auprès de la MDPH, le dossier comprend notamment un certificat médical Cerfa n° 15695*01 datant de moins de douze mois, ainsi que les justificatifs d’identité et de domicile demandés.
Mentionner uniquement « arthrose », « insuffisance cardiaque » ou « maladie de Parkinson » ne permet pas toujours de comprendre les conséquences sur les déplacements. Le médecin doit décrire, selon votre situation :
La distance que vous pouvez parcourir et les raisons qui vous obligent à vous arrêter.
Les douleurs, l’essoufflement ou les troubles de l’équilibre qui limitent la marche.
L’utilisation d’une aide technique et sa fréquence.
Le besoin d’être accompagné, notamment en cas de désorientation.
L’évolution prévisible des difficultés.
Si vous utilisez un rollator ou un déambulateur, précisez dans quelles circonstances cet équipement est indispensable.
Des comptes rendus médicaux ou paramédicaux pertinents peuvent compléter le certificat. En revanche, il n’existe pas d’obligation générale de multiplier les examens spécialisés pour constituer un dossier. Leur pertinence relève du professionnel de santé.
Expliquer les conséquences sur les sorties quotidiennes
La rubrique consacrée à la vie quotidienne permet d’apporter des exemples : difficulté à rejoindre la pharmacie depuis un parking éloigné, nécessité de s’arrêter plusieurs fois ou impossibilité de sortir sans un proche.
Décrivez des situations réelles, sans minimiser ni exagérer les limitations. Ces explications complètent les éléments médicaux, mais ne remplacent pas les critères réglementaires.
Un proche aidant peut vous aider à restituer ces difficultés. La carte reste utile si vous avez cessé de conduire : elle appartient à la personne, pas au véhicule. Elle peut donc être utilisée lorsque son titulaire est passager, mais pas pour les déplacements personnels d’un accompagnant sans lui.
Quatre mois sans réponse : comment réagir ?
En principe, le silence de l’administration pendant quatre mois vaut décision implicite de rejet. Il ne faut donc pas considérer l’absence de courrier comme une acceptation.
Vérifiez l’accusé de réception, la date retenue pour votre demande et l’existence éventuelle de pièces manquantes. Contactez le service instructeur pour connaître l’état du dossier, sans laisser passer les délais de contestation.
Une simple relance ou le dépôt d’un nouveau dossier ne remplace pas nécessairement un recours. Conservez une copie des pièces transmises et les preuves de leur réception.
Contester un refus : d’abord le département, puis le tribunal
Pour contester un refus, la première étape est le recours administratif préalable obligatoire, ou RAPO, auprès du président du conseil départemental.
Vous disposez normalement de deux mois après la notification du refus. Un rejet implicite peut également être contesté : reportez-vous aux indications de l’accusé de réception pour identifier les échéances applicables.
Dans votre courrier, expliquez les raisons de votre désaccord et les éléments qui justifient votre demande. Joignez la décision contestée ou, en l’absence de réponse, la preuve de dépôt de votre demande. Vous pouvez ajouter des précisions médicales utiles. Suivez l’adresse indiquée pour le recours et privilégiez un envoi permettant de prouver sa réception.
Le département dispose de deux mois pour répondre au RAPO. Un nouveau refus, explicite ou implicite, peut ensuite être contesté devant le tribunal administratif pour la mention stationnement. Le délai de saisine est en principe de deux mois : vérifiez les voies et délais indiqués dans vos courriers.
La démarche peut notamment être effectuée par Télérecours citoyens. L’avocat n’est pas obligatoire. Attention : les contestations concernant les mentions priorité et invalidité relèvent, elles, du tribunal judiciaire.
Anticiper le renouvellement de sa carte
Si votre carte comporte une date de fin de validité, renseignez-vous suffisamment tôt auprès du département ou de la MDPH sur les délais et les pièces nécessaires au renouvellement.
L’objectif reste de présenter un dossier fidèle à votre situation actuelle. Un dossier détaillé facilite l’évaluation, mais ne garantit pas une décision favorable lorsque les conditions d’attribution ne sont pas remplies.
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