Alzheimer, une maladie complexe

Alzheimer, une maladie complexe

Dans une société où le « jeunisme » est la règle d’or, comprendre et accepter l’idée que la maladie d’Alzheimer ou les maladies apparentées s’invite à votre table familiale n’est pas le plus simple. Pourtant être averti(e) des conséquences et des implications de cette dégénérescence cognitive permet de mieux l’appréhender, l’apprivoiser à ses premiers degrés, si possible et d’accompagner la personne atteinte sans oublier l’aidant.

Apparition des symptômes et évolution de la maladie

Plusieurs stades existent en ce qui concerne la maladie d’Alzheimer, elle est une maladie neurodégénérative complexe qui entraine un dysfonctionnement des connexions entre les neurones.  Cette dégénérescence touche principalement l’hippocampe qui représente le siège de la mémoire.  Les formations biologiques à l’origine des plaques (la protéine bêta-amyloïde) et des dégénérescences neurofibrillaires (la protéine Tau hyperphosphorylée) seraient responsables chez la personne atteinte, de la perte cognitive progressive et des troubles de la mémoire. Il faut savoir que l’apparition des symptômes ne marque pas le début de la maladie, la maladie d’Alzheimer et maladies apparentées est présente en la personne, depuis une vingtaine d’années, sans signes distinctifs.

Premier stade

Les symptômes sont légers, la personne a quelques oublis. A ceux-ci, s’ajoutent un état dépressif sous-jacent, une diminution de la sensibilité émotive et affective. La personne devient butée, irritable facilement allant jusqu’à la colère. On pourrait considérer que chacun, face à un certain surmenage, présente ces aspects de la personnalité. La différence réside dans la récurrence de ces comportements. Si l’objet de la contrariété disparait, cet état s’efface pour tout un chacun, aucunement chez la personne atteinte par cette maladie.

Deuxième stade

Les symptômes du premier degré sont aggravés et des difficultés de coordination motrice apparaissent. L’individu se répète souvent, répond à côté de la question posée, il a de plus en plus de difficultés à assurer les actes de la vie quotidienne. Le professeur Joyeux met l’accent sur la perte de goût et d’odorat entrainant une perte d’appétit et un amaigrissement, par le fait. Le corps de la personne atteinte se replie sur lui-même, générant une diminution de la capacité respiratoire. Cette posture entraine une fatigue accrue. Sur le plan psychologique, elle ne comprend pas que tout ne tourne pas autour d’elle et cela l’irrite. Enfin, une agitation des mains et des membres peut survenir.

Troisième stade

La perte d’autonomie s’installe. La sensation de faim, de soif, des besoins primaires (uriner et déféquer) n’est plus éprouvée. Les personnes ne veulent plus marcher et préfèrent rester au lit, elles ne distinguent plus le jour de la nuit pour le sommeil. La personnalité change du tout au tout et l’agressivité peut survenir. Elles ne reconnaissent plus leurs proches.

Ces stades sont des indicateurs, ils ne veulent pas dire que chaque personne souffrant de la maladie d’Alzheimer, vit tous ces symptômes. D’autant que cette maladie est complexe et les diverses manifestations selon les individus ne facilitent pas son étude. Le syndrome frontal qui agit sur l’inhibition, le verbal (la vulgarité soudaine) en est une représentation.

Malgré tous ces symptômes envahissants, la personne atteinte par la maladie reste celle que vous aimez, des aspects de sa personnalité s’estompent et disparaissent, d’autres moins flatteurs surgissent… La maladie est la responsable de ces égarements. L’aidant joue un rôle fondamental, il est le lien avec les souvenirs, le phare dans la nuit quand tout s’obscurcit et il est important que l’aidant soit accompagné du fait de cette charge émotionnelle, de sa tristesse face à l’évolution de la maladie. Le burn-out est très fréquent chez les aidants car leurs obligations quotidiennes sont multipliées et ils ont besoin d’un espace qui leur est propre pour « pouvoir respirer ». Seulement la culpabilité est tellement présente…

Prendre soin de l’autre face à la maladie d’Alzheimer, prendre soin de soi et des autres membres qu’on chérit est un véritable challenge. La journée de la maladie d’Alzheimer est l’occasion de saluer tous ces aidants.