L’alimentation des seniors : le bonheur est dans l’assiette

L’alimentation des seniors : le bonheur est dans l’assiette
L’alimentation des seniors : le bonheur est dans l’assiette

L’alimentation renvoie à la notion de plaisir et de partage, la nutrition répond à la problématique des besoins nutritifs, nuances importantes chez la personne âgée. La nutrition permet de se maintenir en forme ou de recouvrer sa santé. On s’écarte de la profondeur émotive de l’alimentation mais les deux approches ne peuvent se dissocier.

Trois amis discutent ensemble autour d'un encas dans un café

La nutrition, gage d’une bonne santé

Contrairement à une idée reçue selon Monique Ferry, gériatre et nutritionniste, « les besoins ne diminuent pas avec l’âge. Au contraire : comme le corps a un moins bon rendement métabolique, les besoins énergétiques sont presque 20% supérieurs à ceux de sujets plus jeunes ! Les personnes âgées ont notamment besoin davantage de protéines, afin de lutter contre la fonte musculaire. Si les besoins ne sont pas couverts, elles encourent un risque de dénutrition.»

Selon une étude de l’Afnor de 2014, l’alimentation ressort comme première préoccupation pour 76,8% des seniors interrogés. Le « bien vieillir » passe par l’activité physique mais aussi par une alimentation équilibrée sans oublier l’hydratation, facteur de fragilité courante chez la personne âgée.

Quand manger rime avec plaisir

Une bonne nutrition maintient l’équilibre des humeurs et écarte de la morosité. Pour 62% des seniors, manger est source de contentement. Favoriser l’alimentation des personnes âgées revient à s’intéresser au contenu de l’assiette et à tout ce qui entoure le repas. Les moments partagés, l’élaboration des mets contribuent à renforcer la notion de bien-être. De plus, les odeurs et les saveurs renvoient aux souvenirs.

Plat composé d'une tranche de Thon grillé au barbecue avec légumes rôtis

A cet effet, des ateliers cuisine sont mis en place dans beaucoup d’EHPAD. Les personnes atteintes d’Alzheimer accueillis en accueil de jour, profitent d’une cuisine thérapeutique dans laquelle elles réalisent des recettes qu’elles dégustent ensuite. Cela contribue notamment à renforcer la confiance en soi, à favoriser les échanges. Le travail de la terre au moyen de potagers permet de donner du sens au quotidien et renforce l’estime de soi.

Du côté du maintien à domicile, les prestations de portage de repas à domicile représentent un double atout à l’intention des personnes âgées, à la fois dans le lien tissé avec la personne au quotidien et dans le contrôle de son alimentation. La problématique gustative demeure et intégrer une résidence services peut devenir un bon compromis.

La nourriture selon les seniors

Les seniors forment une population plurielle (génération, âge ou état de santé, CSP), ouverte aux nouvelles tendances comme le bio ou le végétal. Ils sont peu enclins à consommer les produits spécifiques qui leur sont destinés. Les seniors consomment ce qu’ils ont cuisiné et apprécient les produits non transformés. Ils restent des gastronomes, sensibles aux produits locaux et de saison. Les plats cuisinés ne sont pas intégrés de plein gré dans leur alimentation, ils sont la génération du « fait maison ». Cela peut contribuer à expliquer le fait qu’ils boudent la nourriture dans les structures collectives.

Un boulanger qui pétrit une pâte à pain sur un plan de travail fariné

Comment lutter contre la dénutrition ?

Selon le communiqué de l’AFSSA, la dénutrition des personnes âgées toucherait en France près de 20 à 30 % des personnes âgées dépendantes à domicile ou en institution. La solitude et l’isolement sont des causes majeures de cette perte d’appétence.

Les causes de la dénutrition sont bien souvent affectives et psychologiques. Les pathologies aiguës, le stress psychologique, la dépression et tout changement dans l’environnement affectif entraînent une modification des apports journaliers, ce qui est particulièrement mal compensé quand on vieillit. La dénutrition entraîne une faiblesse générale et des chutes qui demeurent le premier motif d’hospitalisation. Les conditions de vie semblent se compliquer à l’approche des 90 ans selon une étude de 2018 par Nutrition santé. Diminution des sorties et de l’activité physique, cela entraîne une fragilité physique et morale. L’alimentation agit sur le corps et sur l’âme, le fait d’avancer en âge sensibilise le rapport à la nourriture mais plus largement le rapport à la vie.

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