« Seniors » un mot, deux générations

« Seniors » un mot, deux générations

Le sujet des personnes âgées est bien délicat car on bascule du cliché du vieux grincheux et aigri (ou de la vieille en toute parité !!) au retraité actif désireux de profiter de la Vie et de ses plaisirs ! La raison de ce sujet épineux, est simple : les jeunes retraités et les seniors centenaires ont près de 40 ans de différence d’âge, soit deux générations. Comment définir la personne âgée en 2021 sans tomber dans le cliché ou sombrer dans les préjugés.

Croquons la vie !

En ayant conscience de l’écart d’âge au sein des personnes âgées, on s’interroge sur la politique du vieillissement et sa faisabilité car comment répondre aux besoins des uns sans mettre de côté, les besoins des autres. Il s’agit à l’heure actuelle, de répondre à l’urgence et de mettre les gens dans des cases, on sait tous que cette démarche exclue et crée des tensions entre les générations.

Pour les bien portants, on voit l’émergence de résidences services seniors qui offrent des prestations dignes de grands hôtels avec des services basés sur les loisirs et la légèreté de la vie. En somme des attributs qu’aucune génération n’a pu vivre même en étant active, la vie devient alors joie, petits et grands bonheurs au travers d’activités, de soins de bien-être sur un temps qui n’est pas limité aux vacances. La vie ne devient que festivités, un voile d’illusions face au vieillissement et la finitude. Seulement, ces plaisirs ne sont accessibles qu’à la condition de ressources financières conséquentes. Eh oui, la félicité a un Coût ! La frustration pour les moins chanceux est grande et créé des discordes au sein même du « troisième âge ».

Concernant la politique du vieillissement, le critère fondamental à considérer n’est pas l’âge mais le degré de perte d’autonomie. Les besoins fondamentaux ne sont pas les mêmes selon ce paramètre.

Quand la perte d’autonomie s’installe

La personne âgée en perte d’autonomie n’a que faire des frivolités et seuls, les besoins élémentaires tels que la sécurité, la chaleur humaine deviennent ses valeurs essentielles. On retourne aux fondamentaux : de même, l’enfant en acquisition d’autonomie recherche auprès des siens, la protection et la douceur des bras de ses parents, l’ainé convoite ces mêmes sources de contentement.

On parle alors de troisième âge et de quatrième âge afin de différencier les attentes. Ce ne sont que des mots car la réalité est tout autre.

On est confrontés à deux images : celle de résidences services seniors qui font rêver et celle des maisons de retraite médicalisées que tous fuient comme la peste ou le choléra pour ne rester que sur des pandémies anciennes.

Seulement, il faut redevenir raisonnables. La vie n’est pas que satisfactions, elle a son lot de contrariétés, de misères en tous genres et la société actuelle nous illusionne en considérant qu’on est bientôt éternels et libres de piocher seulement le beau dans le grand sac de la vie. Forcément, cet état d’esprit n’est possible que si la personne n’est pas concernée par la perte d’autonomie.

C’est donc un débat qui tourne en rond car les personnes âgées ne sont plus une catégorie sociale à laquelle on peut s’adresser collectivement. Recentrons-nous sur l’essentiel : l’Humanité dans toute sa noblesse où on ne catégorise plus mais on individualise l’offre selon les besoins de la personne âgée.

Rédaction : Véronique Jestin