Étude relative à l’attractivité des résidences services seniors et des EHPAD en France.

Étude relative à l’attractivité des résidences services seniors et des EHPAD en France.

Papyhappy a mandaté le Pôle de gérontologie et d’innovation (PGI) Bourgogne-Franche-Comté pour mener à bien une étude relative au parcours décisionnel des personnes âgées et des aidants, lors d’un emménagement en logement senior. L’étude tente d’identifier et de comprendre les problématiques rencontrées durant les phases de recherches, de recenser les influenceurs et les freins face à la prise de décision ainsi que d’identifier le rôle tenu par les familles lors de cette prise de décision.

 Découvrir les résultats de l'étude 

A travers cette étude, l’entreprise Papyhappy à l’initiative du projet, souhaite mettre un coup de projecteur sur les logements seniors et la perception qu’en ont les français. L’objectif est d’en dresser un état des lieux tout en amenant une réflexion collective sur ce sujet trop souvent tabou. Il s’agit également d’apporter des axes d’amélioration dans le processus d’accompagnement des personnes âgées lors de la phase de transition vers leur nouveau lieu de vie.

L’entreprise s’est rapprochée du PGI acteur référent en gérontologie en Bourgogne-Franche-Comté, concernant l’amélioration de la qualité de vie, pour mener cette étude. Elle s’est divisée en 4 grandes phases :

  • Recherche documentaire
  • Réalisation d’une enquête quantitative
  • Réalisation d’entretiens qualitatifs
  • Analyse des résultats et élaboration du rapport d’étude

Les résultats s’appuient sur des données recueillies à l’aide d’un questionnaire web ainsi que sur des entretiens réalisés sur rendez-vous dans les structures ou par téléphone auprès de résidents d’EHPAD et de RSS (résidence services seniors). L’étude souligne les points de dissonance et de concordance entre les générations, les catégories socio-professionnelles et les typologies de logements. Il s’agit également d’identifier les principaux critères de sélection à l’emménagement en logement senior ; critères uniquement concentrés sur les types de logements les plus connus selon l’enquête (EHPAD et les Résidences services seniors). Elle met également en exergue le soutien des aidants familiaux lors des accompagnements et dans les phases de recherche du nouveau logement.

Actuellement les politiques publiques favorisent le maintien à domicile, cependant le logement senior occupe une place essentielle dans l’accueil et l’hébergement des personnes âgées. Selon l’INSEE, 93,3% des seniors vivent à domicile1. Le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans passera de 15 millions à 20 millions en 2030. Les plus de 85 ans au nombre de 1,4 million passeront à 5 millions en 2060. La question du logement senior est un enjeu primordial pour accueillir cette génération.  

Méconnaissance des types de structures existantes

L’étude montre que les différentes typologies de structures adaptées aux personnes âgées restent encore assez méconnues aux yeux de la population, seuls les EHPAD et les RSS sont notables, avec respectivement 85% et 74%. Les autres formes de logement proposées sont inconnues par une personne interrogée sur deux (Résidence autonomie, accueil familial, habitat intergénérationnel, béguinage, MARPA). Cependant, ces types de logements bénéficient d’une image plutôt favorable.

Une vision de l’EHPAD nuancée

80% des personnes âgées vivant en hébergement collectif se trouvent en EHPAD. C’est donc le 1er lieu d’accueil collectif pour ce public. Il s’agit du type de logement senior le plus connu mais également le moins bien perçu.  Ces derniers temps, l’image des EHPAD a été malmenée par les médias. Ils n’ont jamais réellement bénéficié d’une grande attractivité, étant perçus comme une institution « restrictive de la liberté, aux espaces privés réduits, […] un lieu de relégation dans lequel l’emménagement est ressenti comme une mise en demeure»2.

Paradoxalement, les entretiens réalisés directement auprès des résidents révèlent une certaine satisfaction quant à leurs conditions de vie. Cette vision empirique est bien moins critique et davantage reconnaissante de la qualité de vie qui leur est proposé au sein de ces établissements. Certains d’entre-eux ont fait mention de la complicité et des bonnes relations entretenues avec les autres résidents et les professionnels soignants. Ils expriment quelques critiques sans toutefois avoir une vision négative de l’EHPAD.

  • Les principaux critères influençant l’entrée en EHPAD
    • Perte d’autonomie (64%)
    • Services et prise en charge médicale (41%)
    • Cadre de vie sécurisant (23%)
  • Les principaux facteurs freinant l’entrée en EHPAD
    • Coût financier (71%)
    • Crainte d’une perte d’indépendance (46%)
    • Crainte de rester cantonné entre seniors (38%)
 Découvrir les résultats de l'étude 

Les résidences seniors ont le vent en poupe

La RSS est perçue à 63 % comme un logement plutôt positif voire positif et ce pour toutes classes d’âge et catégories socio-professionnelles. A noter, que 30% des répondants ne connaissaient pas cette typologie de logement. Pourtant, le parc immobilier des RSS ne cesse d’augmenter, entre 2013 et 2017,  on comptabilise une hausse de 40%.

Les résidences services seniors répondent à des besoins de sécurité, de liberté, de prestations de services, et de sociabilité. 56 % des personnes interrogées envisageraient de vivre en RSS contre seulement 16 % en EHPAD. Rappelons que l’âge moyen d’entrée en RSS est de 77 ans contre 85 ans pour l’EHPAD, et que ces deux structures répondent à des besoins spécifiques distincts.

  • Les principaux critères influençant l’emménagement en RSS
    • Cadre de vie sécurisant (62%)
    • Services et prise en charge de certaines tâches domestiques (51%)
    • Diversité des activités proposées (40%)
  • Les principaux facteurs freinant à l’emménagement en RSS
    • Coût financier (82%)
    • Crainte de rester cantonné entre seniors (45%)
    • Attachement à votre domicile actuel (38%)

L’intervention des familles dans la prise de décision

Les personnes âgées sont rarement seules à prendre la décision de quitter leur logement. Elles sont souvent entourées et conseillées par des proches et/ou des professionnels de santé. La plupart des personnes sondées ont précisé que la demande d’entrée en structure avait été effectuée par un membre de la famille.  47 % des personnes sondées âgés de 40 et 60 ans, ont déjà accompagné un proche pour un emménagement en logement senior. Cette accompagnement se manifeste sous différentes formes : soutien moral (72%), l’aide au choix de la résidence (64%), l’aide administrative (61%), la participation au déménagement (60%) et le soutien financier (19%).

L’étude met également en exergue les difficultés émotionnelles rencontrées par les aidants, suite à l’emménagement de leur proche. Plus de 40% des enquêtés ont ressenti un sentiment de culpabilité, 38% de regret, et 31% de soulagement.  Un sentiment tiraillé entre responsabilité et abandon malgré la singularité de chaque situation. Seul 36% des sondés ont déjà évoqué la question de l’entrée en logement senior,  pourtant l’anticipation de la perte d’autonomie facilite la transition dans le changement de lieu de vie.

En conclusion, malgré la favorisation du maintien à domicile, l’emménagement en logement senior est parfois une nécessité. L’étude démontre une faible anticipation de la perte d’autonomie et des solutions envisagées. Les critères de sélection liés au bien-être et à la qualité de vie apparaissent progressivement lors des recherches. La RSS est un mode d’habitat privilégié et attractif pour les seniors, toutefois les alternatives de logement sont encore largement méconnues. Les différentes formes de logement senior sont encore amenées à évoluer et à s’adapter aux besoins des seniors au cours des années à venir.

Découvrir les résultats de l'étude

1 INSEE, 2017, [consulté en septembre 2019], Les trois quarts des seniors vivent dans des logements dont ils sont propriétaires. Disponible sur : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2583078#titre-bloc-1

2 Charras, K., Cérèse, F., (2017), Être « chez soi » en EHPAD : domestiquer l’institution, Gérontologie et Société, 2017/1, (vo. 39), n°152), pages 169 à 183